Les actions du match entre l'Irlande et la France continuent de susciter de vives réactions. Le déblayage non sanctionné de Tadhg Beirne, qui a causé la blessure d'Antoine Dupont, ainsi que le plaquage haut de Calvin Nash, ayant entraîné la commotion de Pierre-Louis Barassi, qui n'a reçu qu'un simple carton jaune, sont au cœur des critiques du camp français. D'autant plus que ces deux joueurs n'ont pas été sanctionnés par le commissaire à la citation, ce qui provoque l'incompréhension de Jean-Marc Lhermet, vice-président de la Fédération Française de Rugby et responsable du haut niveau. Jean-Marc Lhermet, pouvez-vous nous expliquer comment s'est déroulée la procédure de citation des joueurs irlandais? Comment cela s'organise-t-il avec votre équipe, et quels joueurs avez-vous cités, et pour quelles raisons? La procédure de citation au sein de notre institution est très claire. Nous disposons de 12 heures pour signaler une faute qui aurait échappé à l'arbitre. Après le match, et suite aux incidents ayant causé la blessure d'Antoine Dupont et la commotion de Pierre-Louis Barassi, nous avons décidé d'activer cette procédure. Une demande de citation a donc été faite pour le numéro 11, Nash, concernant son contact avec Pierre-Louis Barassi, et pour Tadhg Beirne pour son action dans le ruck sur le genou d'Antoine. Quelles sont vos certitudes concernant ces cas précis? Nous n'avons pas de certitudes absolues. Cependant, ces situations manquent de clarté et sont relativement subjectives. Ce qui nous gêne particulièrement, c'est que, dans le cas d'Antoine, l'arbitre n'a pas fait appel à la vidéo, bien qu'il ait mentionné, lors d'une discussion avec Greg Alldritt, que la situation avait été "vérifiée" par l'arbitre vidéo, qui a jugé qu'un appel formel n'était pas nécessaire. Cela nous déçoit. De plus, après analyse par Jérôme Garcès, notre expert en arbitrage, il semble que l'impact de Beirne sur Antoine soit un contact direct de l'épaule sur le genou, sans contrôle, et cela aurait dû être sanctionné plus sévèrement. En ce qui concerne la commotion, le plaquage est clairement illégal et, à notre avis, mérite un carton rouge. « Nous sommes en colère » Quelles réponses avez-vous reçues et quelles justifications ont été avancées? Pour l'incident d'Antoine Dupont, le commissaire à la citation considère que c'est un accident de jeu, arguant que le numéro 5 a été déséquilibré par un coéquipier, ce qui aurait conduit au contact. Il estime que cela ne mérite pas de carton rouge. Concernant le plaquage de Pierre-Louis Barassi, il le qualifie de "plaquage passif", affirmant que Pierre-Louis a été percuté et que, bien qu'il y ait faute, cela ne justifie pas une sanction aussi sévère. Nous ne partageons pas cette interprétation et avons fait part de notre point de vue au commissaire, accompagnée de vidéos. Y a-t-il une incompréhension de votre part? Oui, notre priorité est de protéger nos joueurs. Tous les efforts de Fabien et de son staff visent à garantir que l'intégrité physique des joueurs soit respectée. Nous estimons que la sécurité de nos joueurs n'a pas été suffisamment préservée. Bien qu'il existe des initiatives au niveau mondial pour améliorer la santé des joueurs, il est essentiel de garantir leur sécurité sur le terrain. Les sanctions doivent être proportionnelles aux infractions commises, et nous sommes, comme l'a dit Fabien en conférence de presse, en colère. La perte d'Antoine Dupont pendant plusieurs mois pour l'équipe de France ainsi que pour son club, le Stade Toulousain, est inacceptable, tout comme celle de Pierre-Louis Barassi pour la finale du tournoi. Quelles suites envisagez-vous? Il n'existe pas de recours juridique, mais nous tenons à affirmer fermement notre position, qui est factuelle et non émotionnelle. Nous avons examiné les images et avons des clips vidéo justifiant notre citation. Ce n'est pas une réaction impulsive due à la déception des blessures. Les procédures de ces incidents de jeu ne permettent pas d'aller plus loin sur le plan légal. « Faire entendre notre voix » Sommes-nous désormais dans le domaine politique? Comment pouvons-nous influencer davantage ces sujets? Il y a deux aspects. D'une part, nous devons continuer à travailler sur le match et ce qui s'est passé. D'autre part, nous devons adopter une approche politique, comme l'a souligné Florian Grill, en participant davantage aux discussions au sein de World Rugby concernant le développement du jeu et des règles. De nombreux acteurs français sont maintenant impliqués dans des commissions de réflexion, ce qui n'était pas le cas auparavant. Il est également crucial de travailler dans les instances disciplinaires, en veillant à avoir plus de commissaires de citation français. L'objectif n'est pas d'influencer, mais de faire entendre notre voix et de devenir des acteurs dans l'élaboration et l'application des règles. Le message de Fabien Galthié, comme celui qu'il a transmis avant le match en Irlande, doit-il être réitéré? Le message de Fabien était avant tout axé sur le jeu. Nous avons constaté que les Irlandais, comme les Sud-Africains, savent gérer les règles à leur avantage. Nous pensons qu'il est crucial d'appliquer les règles de manière stricte et équitable pour toutes les équipes. En revenant sur la protection des joueurs, il est impératif que des mesures soient prises pour garantir leur sécurité. source : blog-rct.com