L'USAP a subi une lourde défaite à La Rochelle ce samedi (35-6), manquant plusieurs occasions de marquer. Surtout, l'équipe a manqué de précision aux moments clés du match, ce qui lui a coûté cher. En général, quand on accumule les erreurs, cela se traduit par un score plus élevé. À l'USAP, cela se traduit effectivement par un score plus élevé... en faveur de l'adversaire. Les Catalans ont commis trop d'imprécisions aux moments clés pour espérer rapporter quelque chose de leur déplacement chez le champion d'Europe. Et c'est bien dommage. Après une première mi-temps encourageante (7-6), les Catalans ont retrouvé leurs mauvaises habitudes. Enchaînant les mauvais choix et perdant peu à peu le fil du match. Comme Tom Ecochard, qui a voulu jouer rapidement une pénalité à la 66e minute, mais qui s'est finalement fait pénaliser à cinq mètres de l'en-but rochelais. Le syndrome d'une équipe trop généreuse par moments, au lieu d'être pragmatique. Les trois munitions perdues en touche en seconde période (43e, 48e, 59e) en font également partie, tout comme les nombreuses erreurs de jugement en première mi-temps. À la 18e minute, Ignacio Ruiz perce dans les 22 mètres adverses mais se fait ensuite sanctionner pour avoir gardé le ballon au sol. Trois minutes plus tard, Jake McIntyre envoie une mauvaise passe à Edward Sawailau, qui commet un en-avant à dix mètres de la ligne d'essai. À la 32e minute, Joaquín Oviedo trouve miraculeusement une brèche dans la défense rochelaise mais ne parvient pas à bien jouer le surnombre sur l'extérieur. Trois occasions qui auraient pu, au moins, mériter un essai et changer quelque chose mentalement. "Quand on entre dans les zones des 22 mètres, il faut être réalistes à ce moment-là. Ce sont des moments clés d'un match", souligne David Marty, l'entraîneur catalan. "En plus, j'ai la sensation que, quand on a ces occasions-là, en plus de ne pas les mettre au fond, on se retrouve à cinq mètres de notre ligne. Mentalement, ça pèse." Et cela s'est vu. À force de ne pas réussir offensivement, les Catalans se sont effondrés physiquement et mentalement à la 50e minute, encaissant 21 points en dix minutes. Malgré une possibilité, juste après l'essai de Bourgarit à la 56e minute, de revenir à douze points, les joueurs ont choisi d'aller en touche plutôt que de prendre la pénalité à 30 mètres des poteaux. "À ce moment-là, on peut revenir à 21-9. Moralement, peut-être que c'est différent", regrette Marty. "Après, tu perds l'ascendant, ils prennent le dessus mentalement et ça devient compliqué." Vu du terrain, Patrick Sobela souligne le surplus d'envie des Catalans, et peut-être aussi "un manque de sang-froid". "Il faut rectifier nos erreurs, parce qu'il y a un gros potentiel dans ce groupe. Mais on a un manque de maîtrise dans les moments clés du match", admet le troisième ligne. "Ce sont sur ces moments-là qu'il faut qu'on travaille un peu plus et qu'on gagne en confiance. Le Top 14, on le sait, c'est un niveau de précision et de détails extrêmes. Si tu n'as pas ça, c'est difficile. Tu peux survivre 60 minutes, mais pas 80." C'est vraiment le problème de l'USAP depuis le début de la saison. Cette équipe n'arrive pas encore à rivaliser avec ses adversaires pendant 80 minutes. Si cela n'est pas corrigé dans les prochaines semaines, la situation sportive pourrait se compliquer sérieusement... Même si, ce samedi, l'état d'esprit a été irréprochable. Ça ne suffira pas. Source