Dix ans se sont écoulés depuis que l'USAP n'a pas réussi à faire tomber Montpellier à Aimé-Giral. Ce samedi soir, les Catalans ont enfin vaincu le signe indien et ont réussi à battre les Héraultais (23-16). Ainsi, l'USAP quitte la dernière place et confirme ses deux bonnes performances précédentes contre Toulon et Toulouse. Les débuts de la saison semblent loin. Ces après-midi où l'USAP avait du mal à produire du jeu, à créer des opportunités après les mêlées (quand elle arrivait à les tenir) et surtout, où elle ne procurait aucun frisson à ses supporters. Désormais, "nous sommes au début de quelque chose". C'est du moins ce que Franck Azéma, le manager catalan, a déclaré avec un sourire radieux après sa victoire contre Montpellier (23-16) à Aimé-Giral. Ce samedi soir, les signes indiens ont été vaincus. Les démons semblent être derrière les Catalans. Cela faisait 10 ans que l'USAP ne s'était pas imposée face à Montpellier. À l'époque, Fabien Galthié était l'entraîneur du MHR, Kélian Galletier était Héraultais et Sofiane Guitoune inscrivait un essai pour Perpignan, tout comme Romain Taofifenua. C'était une autre époque. Tommaso Allan, Tom Ecochard et David Marty étaient déjà des sang et or. Et ce samedi, face à un Montpellier en difficulté, ces derniers Catalans ont relevé le défi avec brio aux côtés de leurs coéquipiers et ont abandonné la dernière place qu'ils occupaient depuis la première journée. Le match a commencé difficilement. "On sentait qu'il y avait encore un peu de pression sur les épaules des joueurs", expliquait Franck Azéma. Mais au fil des minutes, l'USAP a trouvé son rythme et a construit sa victoire. Elle a ajusté sa précision au pied après de mauvais choix de jeu et une touche manquée par Tommaso Allan (8e). Elle s'est disciplinée. Et elle a fini par renverser une première mi-temps mal engagée après un essai de Julien Tisseron (16e) en coin suite à une pénalité (généreuse) accordée après un plaquage en-avant de Veredamu. De quoi faire oublier, en partie, le raté d'Arthur Vincent (2e) qui n'a pas réussi à aplatir le ballon de manière étrange. Mais quand l'USAP s'est mise à jouer, Montpellier a été pénalisé. En mêlée, et surtout dans les rucks. De quoi permettre à Tommaso Allan avec un 100% de réussite au pied (4/4) de ramener l'USAP à un petit point. Puis, ce que tout Aimé-Giral attendait et pressentait, s'est produit. À 15 contre 13, et avec un pack d'avants XXL ce samedi soir, l'USAP a enfoncé les Héraultais. Ces derniers ont encore commis des fautes. Grâce à un essai de pénalité, les Catalans ont pris l'avantage à la mi-temps (16-10). Comme ce fut le cas contre Toulon. La deuxième mi-temps a été du même acabit. "Ce n'était pas un beau match", ont convenu Franck Azéma et Tommaso Allan. Mais la pièce est tombée du côté catalan. Patiemment, sans paniquer, l'USAP a gagné en puissance tout au long de la deuxième période, en encaissant la remontée au tableau d'affichage de Montpellier qui était en infériorité numérique. Ce samedi soir, la malédiction montpelliéraine n'a pas fonctionné. Perpignan a raté ses débuts de période, mais a été plus forte sur l'ensemble du match. L'USAP est passée deux fois près de la ligne d'essai (56e, 60e), sans être récompensée. Tactiquement, elle a su prendre le dessus, notamment dans le jeu au pied. Les deux équipes ont offert trois minutes de ping-pong ennuyeux, mais qui auraient pu permettre aux Catalans de marquer un essai grâce à Fa'aso'o, si Veredamu n'avait pas commis un léger en-avant. Malgré cela, l'USAP a continué à accélérer. Les changements dans le pack et l'entrée de Deghmache ont apporté de la fraîcheur et ont contribué à dynamiter la défense de Montpellier. L'essai libérateur est une caricature du genre : les avants qui se battent pour permettre aux trois-quarts de marquer. D'abord Sobela qui gratte un ballon, puis les avants qui enfoncent leurs adversaires héraultais, jusqu'à une passe au pied millimétrée, qui a fait frissonner les supporters catalans, pour Ali Crossdale (71e). Tout n'a pas été parfait, mais cette USAP est en constante progression. Elle confirme ses deux bonnes performances précédentes. "Chaque semaine est une opportunité pour nous de progresser. Sur le pack d'avants, c'est agréable de retrouver de la force. Il véhicule les valeurs de l'USAP, tout comme les trois-quarts qui se sont donnés à fond sur le dernier ruck", se réjouissait Franck Azéma. Perpignan respire. Aimé-Giral aussi. Surtout que le stade catalan n'a plus connu deux victoires consécutives depuis février 2023 (contre le Stade Français et Pau). En attendant de retrouver leur terrain en Top 14, le 22 décembre contre Bayonne, l'USAP devra commencer à prendre des points à l'extérieur. Cela passera par de grandes performances à Bordeaux et La Rochelle. Source